Capsule No 2

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 François-Xavier Aubry, Explorateur du Midwest américain
1824-1854 
Saint-Justin compte parmi ses citoyens d’autrefois un jeune homme aux capacités exceptionnelles qui ont fait de lui un héros américain que l’on a redécouvert au Québec au cours des dernières années et qu’il vaut la peine de faire connaître à nos concitoyens, car sa maison natale existe encore et ne manquera pas au cours des années futures d’attirer des visiteurs venus voir son lieu de naissance. 
 
Ce jeune homme, François-Xavier Aubry, fils de Joseph Aubry dit Francoeur et de Madeleine Lupien, est né le 3 décembre 1824, dans cette maison située au 851, rue Gagné, maintenant propriété de monsieur Mathieu Roy et qui, pendant environ 135 ans, soit de 1845 jusqu’aux années 1980, a été habitée par la famille Paquette, son dernier représentant ayant été Raphaël Paquette. Cette maison est située immédiatement au sud de la maison de pierre Le Sabot.
 
Les parents de notre personnage avaient vite fait de déceler chez leur enfant des aptitudes qu’ils n’hésitèrent pas à mettre à profit, en le confiant aux bons soins de
 
son oncle maternel, l’instituteur Charles-Augustus Wolff, lequel tenait une école privée au Pied-de-la-Côte, dans les environs du Magasin général Lebrun. 
 
  
Lorsqu’il eut 13 ans, le jeune François-Xavier s’engagea comme commis au magasin que tenait Joseph Clément, dans le haut du rang du Trompe-Souris, à l’intersection du chemin conduisant au moulin de Toussaint Pothier, sur la rivière Maskinongé. Le terrain sur lequel était construit ce magasin se situe entre la rue Clément et la maison Casaubon, autrefois propriété de Rosaire Plante. Du magasin de Joseph Clément, il passa à celui d’un nommé Louis Marchand, à St-Jean, où il demeura pendant trois ans. 
 
Au début des années 1840, il alla tenter fortune dans la région de St. Louis, Missouri. Après avoir été commis chez divers marchands, son esprit d’entreprise l’amena à faire du commerce à son compte au moyen de convois de wagons remplis de marchandises obtenues à crédit. Tirés par des mulets, les wagons avaient une longue route à parcourir pour se rendre à destination, soit à la ville de Santa-Fé, au Nouveau Mexique, soit à d’autres endroits dans la même région, et même jusqu’en Californie. Surmontant des difficultés de toutes sortes, dont les attaques des indiens vivants dans ces contrées, il organisait des expéditions de plus en plus considérables et il en tirait d’importants profits qu’il réinvestissait sans cesse. 
 
D’une fois à l’autre, il cherchait à découvrir les meilleurs endroits par où passer et les tracés qu’il détermina tout au long de sa carrière sont ceux qu’empruntèrent plus tard les voies ferrées de l’ouest américain. C’est ce qui lui valut le titre d’explorateur. 
 
Bien qu’il n’eût pas été d’un physique imposant, Aubry était doué d’une endurance dépassant tout ce qu’on peut imaginer. L’exploit le plus digne de mention est celui qui   valut aux hommes qui formaient son convoi d’être sauvés d’une mort certaine, lors d’une expédition vers le Nouveau Mexique qui tourna à la catastrophe. Pour se rendre à destination, il avait l’habitude de passer à travers d’immenses prairies où croissaient des herbes dont se nourrissaient les mulets.  
 
Mais cette fois-là, d’herbe, il n’y en avait plus, car les indiens y avaient mis le feu. Pour tenter de se tirer d’affaires, il emprunta une autre route qui le conduisit dans un endroit impossible, la Vallée du Purgatoire. Survint bientôt  un affreux ouragan, accompagné de fortes chutes de neige qui emprisonnèrent le convoi sur place. Après deux tentatives infructueuses de quelques-uns de ses hommes partis chercher du secours, Aubry partit seul à pied, dans la neige et, après avoir ainsi parcouru 250 milles, dormant dans la neige, il parvint chez le gouverneur du Nouveau-Mexique qui accepta d’envoyer les secours nécessaires pour sauver les hommes. Aubry perdit tout son convoi (voitures, marchandises et mulets). Sa fortune s’en trouva anéantie. 
 
Au cours d’une réception donnée en son honneur à Santa-Fé, le 20 août 1854, il fut assassiné d’un coup de poignard par un représentant des chemins de fer jaloux de ses succès. Il n’avait pas encore 30 ans. 
  
Clément Plante, 1er décembre 2014 
 
 
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